Lyman : presses d’établi en O et en C aujourd’hui
26 août 2026 · 7 min de lecture
Ce qui change entre une presse d’établi en O et une en C, et quels modèles de rechargement Lyman maintient aujourd’hui dans son catalogue.

Deux architectures d’établi, deux manières de concevoir la rigidité
Lorsqu’on parle de presses de rechargement d’établi, la différence entre une presse en O et une en C n’est pas une nuance de catalogue. C’est une question d’architecture mécanique. La presse en O ferme le bâti autour de la zone de travail et forme un anneau structurel plus complet ; la presse en C laisse l’un des côtés ouvert et facilite l’accès à la zone du shell holder et du die. Cette différence conditionne la rigidité perçue, l’espace disponible et aussi le type de rôle que chaque modèle assume habituellement sur l’établi de rechargement.
Dans la gamme actuelle de Lyman, cette distinction se voit clairement. La Brass-Smith Victory Press est la presse mono-station à bâti en O. La marque la décrit avec une carcasse en fonte, un ram de 1 pouce de diamètre, une ouverture de bâti de 5 pouces, l’utilisation de dies standard de 7/8x14 et de shell holders standard. Elle intègre en outre une alimentation linéaire des amorces avec tubes grand et petit, ainsi qu’un blindage en acier autour des tubes. (lymanproducts.com)
Face à elle, la Brass-Smith Ideal Press représente la solution en C dans les archives des presses Lyman. Elle recourt elle aussi à un bâti en fonte, travaille avec des dies standard de 7/8x14 et des shell holders standard, est équipée d’une tringlerie composée et d’un ram de 1 pouce, mais dans un ensemble plus compact : Lyman indique une ouverture de 3 7/8 pouces et précise qu’elle accepte les cartouches d’arme de poing et les cartouches d’arme longue d’une longueur totale chargée allant jusqu’à 3,700 pouces. Sa poignée est en position centrale pour un usage ambidextre. (lymanproducts.com)
Cette comparaison suffit à situer le débat. Une presse en O comme la Victory privilégie la fermeture structurelle du bâti et le volume intérieur. Une presse en C comme l’Ideal sacrifie une partie de cette fermeture pour gagner en accès latéral et réduire l’encombrement sur l’établi. Cela ne signifie pas que l’une soit "bonne" et l’autre "de compromis" ; cela signifie qu’elles résolvent des problèmes différents.
Ce qui distingue vraiment une O d’une C
L’avantage classique de la presse en O réside dans la rigidité du bâti. En enveloppant la zone de travail, la structure répartit mieux les efforts et réduit la tendance à la flexion lorsqu’on travaille avec des opérations qui chargent fortement le levier. Lyman ne formule pas cette idée en termes théoriques, mais souligne bien pour la Victory qu’il s’agit d’une presse particulièrement robuste et rigide, construite sur un bâti en O en fonte et pensée pour travailler même avec les étuis les plus grands grâce à son ouverture de 5 pouces. (lymanproducts.com)
La presse en C, de son côté, se distingue par l’accès. Le côté ouvert dégage l’entrée et la sortie de l’étui et laisse davantage de champ libre autour du shell holder. En pratique, cela se traduit par une machine appréciable lorsqu’on recherche un poste auxiliaire ou une station qui occupe peu de place sur l’établi. Sur l’Ideal Press, Lyman insiste précisément sur cette condition : conception compacte, besoin minimal d’espace et rôle de presse d’initiation ou de presse d’appoint pour une opération concrète séparée de la presse principale. (lymanproducts.com)
La taille utile change aussi. La Victory offre une ouverture de 5 pouces ; l’Ideal reste à 3 7/8 pouces et Lyman la limite à des cartouches jusqu’à 3,700 pouces de longueur totale chargée. Cette donnée ne transforme pas automatiquement la Victory en une presse “plus précise”, mais elle la place bien dans une plage d’utilisation plus large lorsque des étuis longs ou des configurations demandant davantage de dégagement entrent en jeu. (lymanproducts.com)
Un autre point est le poids. Lyman annonce 18,1 livres pour la Victory et 13,8 livres pour l’Ideal. Ce n’est pas un chiffre décoratif : sur une machine d’établi, le poids accompagne généralement le volume de fonte et la sensation d’assise sous l’effort. (lymanproducts.com)

Les modèles de presses que Lyman fabrique aujourd’hui
Si l’on regarde le catalogue vivant de Lyman en août 2026, la famille des presses de rechargement manuel de la maison s’est simplifiée par rapport à d’autres périodes. Sur la page Lyman Presses, quatre références apparaissent aujourd’hui, mais deux d’entre elles sont des ensembles avec support d’établi. En tant que presses proprement dites, le catalogue montre deux modèles : la Brass-Smith All-American 8 Turret Press et la Brass-Smith Victory Press. (lymanproducts.com)
La Victory Press est la mono-station à bâti en O. Lyman la présente comme le “workhorse” de sa ligne : bâti en fonte, ram de 1 pouce, tringlerie composée, ouverture de 5 pouces, alimentation linéaire des amorces avec tubes grand et petit, blindage en acier dans le système et possibilité de monter le levier pour droitier ou gaucher. Sa compatibilité déclarée est celle habituelle dans cette catégorie : dies de 7/8x14 et shell holders standard. Le poids annoncé est de 18,1 livres. (lymanproducts.com)
La All-American 8 Turret Press n’entre pas dans l’opposition O contre C parce qu’elle joue dans une autre catégorie : c’est une tourelle à huit stations. Elle sert néanmoins à comprendre dans quelle direction Lyman a orienté son offre actuelle. La marque indique que la tourelle, en fonte usinée, comporte huit stations, qu’elle est amovible et peut recevoir deux jeux complets de quatre dies ou jusqu’à quatre jeux de deux dies. Sous la tourelle, on trouve un bâti en fonte, un ram de 1 pouce et une tringlerie composée. Elle intègre elle aussi une alimentation linéaire des amorces avec tubes grand et petit, un blindage en acier, un usage ambidextre du levier, un filetage standard de 7/8x14 et des shell holders standard. Le poids annoncé monte à 23 livres. (lymanproducts.com)
Et quelle place occupe aujourd’hui l’Ideal Press
La question importante ici est de savoir quels modèles Lyman fabrique aujourd’hui. D’après la documentation consultée, la réponse prudente est la suivante : dans le catalogue des presses accessible aujourd’hui sur le site officiel figurent la Victory Press et la All-American 8 Turret Press comme presses seules actuelles, tandis que l’Ideal Press apparaît dans les archives des presses et dans le manuel d’instructions commun, en plus de continuer à être mentionnée dans du matériel commercial antérieur et dans d’anciennes combinaisons avec support universel. (lymanproducts.com)
Cette combinaison de sources permet une inférence raisonnable : l’Ideal fait partie de l’histoire récente de la gamme Brass-Smith, mais non de l’offre principale de presses seules visible aujourd’hui dans le catalogue général de Lyman. Ce qu’il ne convient pas de faire, c’est d’affirmer davantage que ce que disent les sources : le site consulté n’apporte pas, sur les pages ouvertes, de note expresse de retrait du catalogue ni de date officielle de fin de commercialisation. (lymanproducts.com)

Une gamme plus courte, mais plus claire
La lecture du catalogue actuel laisse une idée de fond. Lyman maintient aujourd’hui une offre de presses d’établi centrée sur deux niveaux très définis : une mono-station en O, la Victory, et une tourelle à huit stations, la All-American 8. Entre les deux, la marque couvre l’établi qui recherche rigidité et large ouverture sur une seule station, et l’établi qui préfère conserver plusieurs jeux de dies montés sur une tourelle lourde. (lymanproducts.com)
La presse en C, représentée par l’Ideal dans la documentation historique récente de la marque, reste utile pour expliquer le concept : moins de volume, un accès plus direct et une vocation claire de presse compacte ou auxiliaire. Mais si la question porte strictement sur ce que la maison fabrique aujourd’hui dans son catalogue principal de presses, la réponse documentée par le site officiel pointe vers la Victory et la All-American 8. (lymanproducts.com)
En d’autres termes : chez Lyman, la différence entre O et C n’est pas une discussion abstraite. Le O, sur la Victory, se traduit par davantage de bâti autour du travail, plus d’ouverture et plus de masse. Le C, sur l’Ideal, se traduit par l’accès et la compacité. Et l’offre en vigueur de la marque s’est aujourd’hui concentrée sur la mono-station en O et la tourelle lourde à huit stations. (lymanproducts.com)
